Les quotas musicaux francophones: Ou comment gérer le manque d’initiative (par Richard Larose)
16 04 2008

Après la télévision, le CRTC se penchera peut-être sur les quotas de musique francophone à la radio...
Est-ce que vous trouvez logique le fait d'imposer un pourcentage si élevé (65%) pour du contenu musical francophone pour une population si petite comme le Québec ? Est-ce que cela nuit à la programmation musicale de votre station ? Trouvez-vous que la qualité s'en ressent ?
En voulez-vous des questions? En voilà! Mais il en manque une. Pensez-vous que ceux qui sont en charge des programmations musicales font leur gros possible pour innover? Ma réponse est non.
Là on va se dire les vraies affaires. Oui, il y a des chansons francophones qui sont plates, idiotes, sans textes et j’en passe. Sauf que si ces mêmes chansons étaient toutes sans exceptions remplacées par de la musique anglophone de qualité…je m’inclinerais et demanderais illico au CRTC non pas de baisser le pourcentage mais carrément d’abolir la chanson d’expression francophone. Sauf que si j’ai le choix entre Les Trois Accords et Britney Spears…hum…je vais y aller avec l’écoute locale. Vaut mieux rire que de se laisser imprégner par le mauvais goût…Mais ça, ce sont mes goûts personnels
Même si le CRTC, ramenais les quotas à 50% voir même 40%, le problème resterait le même, parce que la paresse des décideurs ferait qu’on ne chercherait pas plus de nouveaux talents. Les stations réduiraient leur catalogues et nous resterions avec les mêmes chansons en rotation parce que ce n’est pas le manque de bonnes chansons qui fait défaut, c’est l’industrie du disque québécois qui fait obstacle à la diffusion des œuvres.
Dans les dernières années, ce n’est pas des stations comme CKOI ou Énergie qui étaient les plus imaginatives dans le domaine, c’était des stations comme CHOI et la défunte G-Rock (maintenant CKOY) qui faisaient preuve d’exemple. La variété dans les chansons francophones était de loin supérieure et ce même si les deux stations sont dans un créneau plus difficile pour les artistes en matière de diffusion (le rock).
Évidemment, il faut un peu briser certaines barrières et faire un peu plus de recherches musicales, ce qui veut dire ne pas s’arrêter à l’extrait proposé par les maisons de disques, mais écouter la totalité des enregistrements disponibles. Mais comme bien des directeurs et directrices de programmations musicales consomment très peu de produits francophones (dans certains cas, leur dernier achat francophone...c’est L’Heptade) on ne peut être étonné du résultat en onde.
Il est grand temps qu’on se débarrasse du bois mort en programmation musicale. Avec un peu d’effort, un pourcentage de 60% dans le format Pop/Rock et 50% dans le format Rock serait réalisable s’il est réparti durant toute la journée et non seulement en soirée (j’en ai fait l’expérience en simulation et l’exercice est concluent). Il y a 10 ou 15 ans je n’aurais pas tenu le même discours, mais si les catalogues sont augmentés et si les compagnies de disques eux aussi écoutaient un peu plus l’ensemble de leurs produits, j’irais même jusqu’à dire que le 65% d’aujourd’hui ne serait même pas remit en question…
La radio est un média de communication important dans une société. Dans le vaste territoire québécois, la radio est souvent un compagnon essentiel durant la journée. En plus de diffuser l’information elle se doit de diffuser la culture musicale. Heureusement que nous avons des stations régionales et communautaires qui comprennent que la radio est là d’abord et avant tout pour ouvrir et découvrir de nouveaux horizons et non se replier sur soit même en regardant s’empiler notre argent.
Richard…
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